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> Je donne un coup de
pousse à ce projet !
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Dans la
lignée de son périple Odessa-Tachkent 2004,
le journaliste François Picard a traversé
la Chine à vélo de mai à septembre 2006.
Le but de cette expédition : découvrir et faire découvrir la Chine dans sa diversité
humaine, culturelle, géographique et économique. Le voyageur est parti d'Urumqui, ("Far Ouest" désertique)
pour atteindre Hong-Kong. (voir la
carte)
Livres,
diaporama, film seront au rendez-vous. En attendant, voici ses
chroniques et photos de voyage.
Je n'ai pas
voyagé seul, j'étais avec des Babytrees
!
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Les chroniques de voyage :
Un dernier thé sur
la route (7 septembre 2006)
La Chine aboie, la caravane
passe (20 août 2006)
En attendant que tout s'écroule (5 août 2006)
Les cheveux des chinois (20 juillet 2006)
Dire
oui aux noms (13 juillet 2006)
Bénie
soit la Chine (11 juillet 2006)
L'envol
du vélo (4 juillet 2006)
Autour
d'un bon yack (25 juin 2006)
Sur
le bord de l'Empire du Milieu (13 juin 2006)
Le
coquin au Coca (15 juin 2006)
Quand
ça défile (10 juin 2006)
Tiens,
voilà du Bouddha (4 juin 2006)
Dans
les faubourgs agricoles (2 juin 2006)
Le sens
du vent et des kilomètres (23 mai 2006)
Il
n'y a plus qu'à partir (19 mai 2006)
Une
forme d'inquiétude
Le temps
du pollen
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Un dernier thé sur la route (7 septembre)
C’était il y a quatre mois. Ce
matin là sur mon vélo, je quittais Urumqi, au fin-fond de la Chine…
C’était il y a quelques jours. Un soir de septembre, j’arrivais à Hong
Kong en pédalant. Comme si une longue journée séparait les vents à 100 km/h
du Xinjiang et les échangeurs autoroutiers de l’ancienne colonie anglaise.
Une journée interminable, la journée la plus riche de ma vie, une de
celles que même Jack Bauer n’a jamais vécues.
Je ne connaissais pas
grand-chose à la Chine, et voilà que je peux en parler sans me sentir
ridicule. J’ai vite renoncé aux merveilles touristiques. Encore mieux que
les photos des bâtiments coloniaux de Canton, un thé matinal avec Vincent,
mon hôte chinois. Il n'est pas encore dix heures et le restau est bondé de
familles ou d’amis venus savourer le début de journée ensemble. On sait
profiter de la vie ici. Au menu, bouchées de crevette à la vapeur. Soupe à
l’agneau et aux courgettes, canard laqué avec sauce sucrée, anguilles aux
fleurs de lotus, morceaux de papaye dans du lait sucré bien frais :
terminés les plats graisseux ou/et épicés avalés tout au long du chemin,
la cuisine cantonaise est extraordinaire, au point qu’elle me donne envie
de m’installer ici. Seul hic, on n’y parle pas le chinois. Pas au
quotidien du moins. On parle le cantonais et même si mon niveau de
mandarin n’était pas très élevé, apprendre cette autre langue (qui a
encore plus de tons !) me motive autant que de me mettre au papou.
Hong Kong aussi parle le
cantonais. C'est à peu près le seul point commun entre les deux villes.
Passé la douane, et surtout débarqué sur Hong Kong Island, on n'est plus
vraiment en Chine, mais sur une sorte de planète internationale
non-identifiée. Plus question de faire le cirque dans les restaus en
criant « Je suis Français » sous les yeux éberlués des clients. Plus
personne ne me regarde, plus personne ne se regarde. Les faciès composent
une palette plus riche que celle de Benetton entre les agents de sécurité
indiens, les bonnes philippines ou indonésiennes, les requins de la
finance américains et européens… Et n’oublions pas au rang des curiosités,
les ABC (American Born Chineese), les BBC (British Born Chineese) et les
CBC (Canadian Born Chineese). Autrement dit, des Chinois qui ont grandi
dans les trois pays que vous avez reconnus, et qui ne parlent parfois ni
le mandarin, ni le cantonais. Mais à quoi ça sert ? Tout le monde parle
anglais et il n’y a rien de plus normal qu’un chinois qui vous speak avec
un accent de vieille dame patronnesse de Notting Hill.
La journée (journey comme on dit
à Hong Kong) est donc terminée. Mais je sens que je n’ai pas fini de la
revivre…
Si vous pensez qu'il y a plus de
fous que de riz cantonais, si vous êtes un FBC qui regarde la BBC ou si
vous avez une autre idée pour terminer cette dernière chronique, vous
pouvez m’écrire à 3600km.net@laposte.net
Chaque dimanche, les femmes de ménage philippines envahissent les rues de
Hong Kong. C'est leur jour de congé et elles le passent entre elles sur
des nappes, dans la joie et la bonne humeur. Ces femmes quittent maris et
enfants pour 10, 20 ans ou plus. Elles ne les revoient souvent qu'une fois
par an et leur envoient une partie de leurs 350 euros mensuel.
Hong Kong, ce sont aussi de jolies plages. Une façon agréable de terminer
le voyage.
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23h45,
vue sur Hong Kong Island. C'est devant ce paysage que se terminent mes
trois mois de vélo à travers la Chine. Une jolie récompense !
La
grande étape avant Hong Kong fut Canton. J'y suis accueilli chez Vincent
qui me fait visiter son immense cité. Nous marchons ici sur la petite
île que se partageaient les Français et les Anglais quand Canton était
pour nous un comptoir de commerce.
Je
passe aussi beaucoup de temps avec Catol que j'ai rebaptisé Delphine.
Elle a un petit ami depuis un mois et hier, pour la première fois, il l'a
embrassé sur les lèvres. Il avait demandé de sortir avec elle par SMS.
C'est quelque chose de très courant ici. Le meilleur moyen de ne pas
perdre la face !
Les
rues de Hong Kong. ça ne rigole pas beaucoup.
J'ai
pu assister au mariage d'une Chinoise. Certes, c'était un mariage
catholique, donc je n'ai pas appris grand chose sur les traditions
locales. Mais le moment fut quand même agréable.
La
vue de mon immeuble. Pas mal du tout ! Merci Sylvain pour ton accueil !
Petit
tour en bateau avec le même Sylvain et une amie à lui, Violette. Une
charmante femme qui comme beaucoup de hongkongais, a fait la plupart de
ses études à l'étranger (à Singapour et en Nouvelle-Zélande).
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La Chine aboie, la caravane passe (20 août 2006) :
C'est l’heure chaude, je dors assis sur mon siège, tandis que le restau se vide peu à peu. Quand il n’y a plus que moi, un serveur éteint la clim’. Faudrait pas se ruiner pour un repas à 2
euros. Un couple entre soudain avec une fille de 21 ans. Originaire de Pékin, cette dernière cause l’Anglish. On remet la clim’. Ça fait deux raisons de plus d’être heureux. Elle fait ses études de droit dans la région, entre Chengdu et
Kunming. Il lui a fallu six mois avant de comprendre le chinois du coin. Une histoire de tons m’échappe un peu. Aujourd'hui, elle pige tout ce que les locaux disent et joue l’interprète pour son oncle et sa tante, ce couple qui me propose de prendre un peu de leur soupe. « Ça ne m’amuse pas, mais je suis bien obligée de le faire puisque c'est ma famille ! ».
Autant que vous le sachiez, j’ai renoncé à parler le chinois couramment. Je ne manque pas de phosphore (vous le savez, c'est impressionnant), mais quand on est nomade, on ne peut pas apprendre cette langue ! Les quelques notions que je maîtrise ne fonctionnent pas toujours d’une région à l’autre, alors c'en est trop, j’ai fermé ma méthode et j’apprends à l’arrach’. Ce chinois sans ambitions me suffit au jour le jour. Ça suffit à faire illusion parfois. Hier par exemple, une charmante réceptionniste avec qui je lavais mon linge me demande : « Pourquoi est-ce vous parlez chinois et pas votre copain ? ». Ça fait plaisir, c'est vrai.
Le copain en question, c'est Bidi (qui se débrouille d'ailleurs plutôt bien en chinois). L’ancien webmaster du site est passé de l’autre côté de l’écran. Le voilà qui pédale près de moi quelques jours. À l’heure où vous lisez ces lignes, il est déjà rentré, mais il a eu le temps d’assister à un spectacle particulier dans un village de la minorité
Gejia, près de Guiyang. Un chien mort placé sur un piquet. On l’entoure de paille et hop !, ce n'est plus qu'un feu de braise. La nuit tombe sur la rizière. Les femmes au loin nous regardent, vêtues du chapeau propre à cette minorité (voir photos). Des billets commencent à circuler entre les hommes afin d’acheter des bouts de ce qui va bientôt devenir un ragoût peu ragoûtant pour nous, pauvres occidentaux.
Je rejoins quelques heures plus tard des villageois dans leur maison. Une dizaine d’invités attendent le plat qui mijote. On me propose de goûter, bien sûr. J’y vais, j’y vais pas ? La barrière psychologique est importante, mais j’essaie d’en faire fis… C'est pas plus mignon qu'un agneau, un chien finalement ? Un petit bout de côtelette, un petit bout de foie… Franchement, c'est plutôt bon. Le foie a un goût de foie et la côtelette de mouton, en un peu moins tendre.
De villes en villages, je poursuis donc ma route. Un peu fatigué, c'est vrai par ce beau voyage. Kunming fut également marquée par de très belles rencontres. Justin, Valérie, Johanna qui rêvent tous les trois de partir au Canada. Pour l’argent, pour leurs enfants ou pour vivre eux-aussi une belle aventure. Merci à eux pour leur gentillesse. Nos longues heures de conversations furent passionnantes (pour moi du moins).
Si vous aussi, vous aimez les animaux, si vous avez encore un peu d’énergie malgré la chaleur ambiante, si vous aimez notre nouvelle forumancière ou pour tout autre raison, vous pouvez m’écrire à 3600km.net@laposte.net

Dans une petite ville, nous rencontrons un super prof d'anglais.
On s'improvise profs à notre tour devant des classes de 70 élèves.
On est dimanche matin, mais notre cours commence à 7h30.
La ville est minuscule et il n'y a que 200 profs dans le lycée.
Ici, je signe les autographes.

Et oui, les paysages ne sont pas mal du tout !

Des rizières à perte de vue. On n'est pas très loin de Guiyang, mais vu que la carte du site ne marche pas, j'évite de vous embêter avec des noms de villes trop petites…
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Justin devant notre festin. Sa
femme et lui rêvent de partir au Canada. Il travaille dans le secteur de l’eau
et elle est prof d’anglais. Un vieux rêve d’enfance qui pourrait devenir
réalité.

Valérie parle un très bon Français. Elle s'occupe du département vente
d'un très grand hôtel de Kunming et espère elle aussi faire sa vie l'an
prochain au Canada.

Son amie également. Avec sa politique d'immigration draconienne, notre
pays n'attire pas, même les jeunes diplômés. Dommage pour nous !

Dans le Yunnan, on fait un tour à Lijiang pour rencontrer la minorité Naxi.
On tombe sur un endroit super touristique. Voilà des touristes déguisées
en Naxi.

Une touriste pose avec moi devant Mao. Un jour, mon site internet sera
aussi étrange que moi…

Bidi se fait tirer par un tracteur. Un peu facile, non ?

La table électrique de ma-jong est un véritable succès en Chine.
Plus besoin de mélanger et de distribuer les dominos. Tout se fait
automatiquement.

Évidement, on attise la curiosité des autres élèves.

Notre prof d'anglais à droite. Et à gauche, un biker coréen qui
fait le tour du monde.

Les femmes de Matang ont de jolis chapeaux

Et les hommes adorent faire cuir les chiens.

Allez, un bout de foie pour la route ?

Séance photo avec Bidi. Étrange ce site, non ?
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En attendant que tout s'écroule (05 août 2006):
Barnabé a quitté Chengdu, sa ville natale, entre 2000 et 2004. Avant de
partir, il circulait déjà sur son petit vélo, se repérant aux maisons,
aux immeubles, etc.

Barnabé fait le singe sur sa bicyclette.
Et
voici qu'à son retour, ce trentenaire était comme une abeille sans
capteurs sensoriels. Il tournait à gauche trop tôt, s’embarquait dans
la mauvaise rue, etc. Tous ses repères avaient été détruits pendant son
absence : les vieux bâtiments à deux étages, remplacés par des
immeubles ultra-modernes, etc…
Il
décide de m’emmener dans un des anciens quartier du Chengdu de sa
« jeunesse ». Dans une rue étroite, des dizaines de Chinois
mangent aux terrasses de restaurants insalubres, assis sur des chaises
en bambou (la spécialité locale) ou regarde une série télé torse-nu
dans un silence religieux... « En détruisant les habitations
comme celles-ci, on a aussi détruit le mode de vie qui allait avec.
Quatre ou cinq famille pouvaient vivre réunies autour de la même cours.
Il y avait une vie communautaire. Regarde, là les gens jouent au
ma-jong… Dans un immeuble où l’on est tous empilés, c'est plus
difficile à organiser ! Un proverbe chinois dit que les proches
voisins sont plus importants que la famille éloignée… Maintenant, on
vit les uns au-dessus des autres, sans connaître son voisin de palier » regrette-t-il.

Dans le vieux Chengdu, on s’assoit sur des bambous en attendant les
bulldozers. La destruction des vieux quartiers est aussi de mise à
Kunming ou à Pékin. Sans doute un jour les Chinois le regretteront-ils.
Tôt ou tard, cette rue sera passée au bulldozer et ses habitants relogés on ne sait où.
« Mais les Chinois, regrettent-ils ces quartiers ?», je demande.
« Non,
les médias leurs disent que les relogements se passent bien, que cela
permet à la ville d’avancer, etc. Ils ont l’impression que l’on va vers
le progrès. Mais la Chine se retrouve avec mille villes aux visages
identiques ».
Un constat que
je peux confirmer après ma traversée du pays ! Je me laisse moins
happé par le charme de ces villes dont ni les magasins, ni les temples
ne désemplissent. Chengdu garde un certain charme, grâce notamment aux
milles canaux qui la traversent, mais je ne me laisse pas happé par son
rythme. Ce qui me motive à présent plus que jamais, ce sont mes guides
d’une soirée ou de quelques jours. Ce sont eux qui me font vivre ces
villes en me révélant ce qu'elles sont pour eux… Barnabé était un
accompagnateur de premier choix. Et c'est lui qui m’a aiguillé vers une
amie à lui, que je ne suis pas non plus près d’oublier.
La ville et la campagne ne semblent pas être issues d’un même pays.
Vous l’avez constaté au cours de mes chroniques, les villes sont celles
de pays développés et les campagnes celle de pays du tiers-monde. Jenny
vit de plein fouet ces contradictions. Fille de paysans, elle est la
grande fierté de sa famille car grâce à ses excellentes notes au lycée,
privilège rare, elle a pu décrocher le droit d’étudier en ville. La
trentaine passée, assistante dans une petite entreprise, elle ne sera
jamais une citadine futile comme les autres. Elle garde en elle ses
racines et vit écartelée entre ces deux réalités. D’un côté sa mère,
qu’elle entretient mais qui veut encore, malgré ses 70 ans, vendre ses
légumes sur le marché pour quelques yuans. Et de l’autre, la ville et
ses futilités, où les yuans partent par dizaines au moindre Mc Do…
Intelligente et alerte, c'est une femme magnifique.

Jenny rayonne
Si
vous souhaitez faire passer votre ville au bulldozer, si vous avez des
légumes à me proposer pour mon retour ou pour tout autre raison,
n’hésitez pas à m’écrire à 3600km.net@laposte.net

Je suis arrivé dans le Yunnan. Les gens sourient un peu plus, ça fait plaisir.
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40 kilos de bambous par jour. C'est ce qu'avalent les grands pandas,
espèce en voie de disparition que les Chinois essaient de sauver. C'est
une des grandes attractions touristiques de la région.

Les immeubles ont été construits derrière les habitations
traditionnelles. Quand celles-ci seront rasées, on aura une belle rue
bien large !

Pas besoin de se payer une consultation chez un éminent dentiste pour les soins dentaires les plus courants. À méditer ?

Leshan. Le plus grand Bouddha du monde. En arrière plan, les touristes vous donnent une idée de l’échelle !

Dans une famille de paysan pour la nuit. Ça fait plaisir parfois de ne
pas trouver d’hôtel. La communication sera limitée, mais la soirée
chaleureuse.

Escorté par les flics sur une autre autoroute. Direction la sortie et
du coup, je fais un méga détour. C'est la première fois que je me fais
renvoyer de l’autoroute. Pas d’amende, ça se passe dans une certaine
bonne ambiance.

Charmante fille des proprios de l’hôtel. Elle a 20 ans mais ne peut
plus travailler dans son usine à cause d’une Hépatite. Dans sa
minuscule ville, elle rêve de chanteurs et de châteaux…

Je termine en mangeant avec les ouvriers de la super autoroute en
construction (à terminer avant les JO de 2008). Ils sont adorables et
la soirée est superbe dans cet endroit reculé du monde. J’ai vraiment
eu de belles rencontres entre Chengdu et Kunming.

Route abominable. Au bout d’une dizaine de borne je décide de m’arrêter.

Yuan Jin avec qui je visite un parc de chutes d’eaux à Zhaotong, dans
le Yunnan. Étudiante en droit à Pékin, elle vient retrouver sa famille
pour les vacances. En arrière plan, les cousins ! C'est aussi une
fille intelligente et intéressante.

L’autoroute est là-haut. Je me casse la gueule en essayant de grimper.
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Les cheveux des chinois (20 juillet 2006):
Qui a dit qu'on ne pouvait pas découvrir un pays en le traversant par l’autoroute ? Au péage, évidemment, je dois ruser. Les employés me courent après et je croise les doigts pour qu’une voiture de police ne vienne pas me sortir de là par la peau du cou, avec une amende en prime. Mais c'est dans les tunnels noirs comme les cheveux des Chinois, que je n’en mène pas plus large que la bande d’arrêt d’urgence d’une cinquantaine de centimètres. Le bruit des camions qui arrivent à toute berzingue derrière-moi rappelle celui d’un avion qui décolle. « Pourvu qu'ils me voient ».
Mais je franchis ainsi des montagnes sans gravir cols. De temps en temps, un petit chemin, un grillage découpé… L’autoroute communique de manière informelle avec le village qu'elle écrase. J’en profite pour descendre chercher une petite boutique pour me faire chauffer mes nouilles. Et voilà comment on se retrouve dans les coins les plus isolés du pays. Là où, ironie du sort, il n’y a pas toujours de goudron sur les chemins. Les cultivateurs de maïs ou de champignons s’éventent, les commerçants jouent leur argent aux cartes et je m’endors au son du ventilateur et d’une télé.
Je suis devenu une vraie fontaine. L’humidité est telle qu’au moindre effort, je suis trempé et épuisé. Dans les vapeurs matinales, je prends la route vers 7 heures, mais déjà la chaleur est suffocante. À 10 heures, le soleil tape et ne faiblira pas avant 17 heures.
Mais l’autoroute, c'est quand tout va bien. Le reste du temps, ce sont des cols de plus de 3000 mètres sur des routes raides comme les cheveux des Chinois. Plus je monte, plus le moral descend. Pourquoi ne suis-je pas en vacance ?
Parce que malgré tout, cet effort pour être « là où personne ne part » me livre quelques récompenses. Des baignades avec les jeunes issus de villages de montagnes les plus pauvres. Ceux-là qui font des études dans la capitale régionale et qui prouvent que l’ascenseur social chinois fonctionne. Des repas partagés avec des familles endimanchés, le long des cours d’eau, au milieu d’une végétation tropicale.
Avec des profs d’anglais de Hangzong, je bois un Cabarnet-Sauvignon chinois, servi dans une cruche de glaçons, avec des tranches d’oranges. Une petite canette de Sprite servie avec la bouteille permet à ceux qui le veulent, de se faire un audacieux mélange... Programmation informatique, cours de chinois, Internet… Ces Nord-Américains n’ont pas encore 25 ans et veulent continuer à vivre ici au moins un an. Ce sont les seuls étrangers de cette ville qui me semble ennuyeuse à mourir. Je m’en étonne. « Tu sais, me répond l’un d’eux, où que tu sois dans le monde, tu finiras toujours assis dans un bar, à te dire qu’il n’y a rien à faire là où tu es ». Il a raison
le bougre, et notre repas m’a fait chaud au cœur (Thanks dude !). (Cette dernière parenthèse était un message personnel, vous l’avez compris, tout comme quand je dis que « Alex the policeman is an asshole ». Oui, je ne vous détaille pas mes problèmes de visas ici).
Et à Myanyang, ville plutôt importante au nord de Chengdu, je vis au rythme cette fois de quelques jeunes chinois. On m’invite à manger une fondue locale, puis nous louons comme des centaines d’autres une paillasse pour se poser sur l’herbe, le long du fleuve. Cartable Adidas, débardeur, portable collé à l’oreille, mon hôte ne parle rien de compréhensible pour moi. Le courant passe pourtant avec ce beau jeune homme et ses deux collocs. Ils débordent de gentillesse et en crachant mes pépins de pastèque, au milieu de ces milliers d’inconnus, je me dis que ma vie est somme toute formidable.
Si vous faites partie de ceux qui se connectent encore sur ce site malgré la torpeur estivale, si vous souhaitez signer ma pétition pour l’élargissement des tunnels autoroutiers, si une goutte de Sprite dans votre rouge ne nous dérange pas, ou pour toute autre raison, vous pouvez m’écrire : 3600km.net@laposte.net

Dans un bruit assourdissant, cet homme propose des criquets enfermés
dans une petite cage en bois. Les passants semblent aussi intrigués que moi.
Ils repartent avec leur bête en s’assurant qu'il fait bien autant de bruit que les autres.

Les villes qui poussent au milieu de nulle part.
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On the road…

Ce soir je dors sous un porche, dans un minuscule village, pas loin de l’autoroute.

Baignade à l’heure chaude pour se refroidir...

Dans un petit village, cet homme fabrique les maisons en papiers qui seront brûlées pendant les enterrements. Drôle de travail, non, de s’appliquer pour voir son œuvre partir en fumée ?!

Dans les vapeurs matinales, la chaleur est déjà atroce et je suis en nage en quelques minutes.

Ce matin, mes côtes se font sur une route particulièrement mauvaise.

Après d’atroces souffrances, je me retrouve dans un lieu super touristique. Un hôtel propose des nuits dans des yourtes…

Climatisées, avec la télé, et tout et tout. Pour me faire plaisir, le patron ne fait payer que 10 % du prix ! La nuit sera parfaite !

Un jeune anglophone s’amuse à faire le singe sur notre photo souvenir.

Coup de déprime quand je me retrouve face à ce relief… Les heures à venir promettent d’être dures.

Mianyang, autour de notre fondue. Au menu, des bouts de poulets trempés dans une sauce super épicée.

Mon environnement quotidien.
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Dire
oui aux noms (13 juillet 2006) :
Je m’appelle Fang Si Yuăn.
Mettez-y les bons tons s'il vous plaît, j’ai horreur que l’on écorche
mon blase. Fang, ne cherchez pas, c'est mon nom de famille, il n’y a pas
de sens à trouver. « Si » veut dire « penser à »
et « Yuăn », « distance ». Donc en gros, je
suis celui qui pense au voyage. J'ai du mal à trouver un prénom français
à ma voisine de table qui vient de me baptiser. Xi Yu (pluie), ça se
rapproche de quoi, sachant que Xiµ se prononcer « Chia » ? Ça court pas rues les prénoms
qui commencent comme ça ! J’opte pour Charlotte.
Déjà que j’ai pas la mémoire
des prénoms, alors sans ce système de double immatriculation, il
faudrait que j’appelle tout le monde « machin ». Tandis que
là, c'est simple pour tout le monde. Tenez, si je vous dit Alvin par
exemple, vous retiendrez mieux que Chu Jaï Jouï, non ? Ce Chinois
de nationalité Singapourienne parle mieux anglais que moi. C'est rare de
se faire des amis, mais en quittant Xian, j’ai l’impression d’en
laisser un derrière moi. On a encore des bleus sur les cuisses tellement
on se les ait tapées fort dans les petits restaus, loin du Xian
touristique, ou dans les rues branchées de l’ancienne capitale
chinoise. Tantôt un peu grivois, tantôt intarissable sur les fondements
de la culture chinoise, on aurait pu encore parler des jours ensemble !
Il m’a présenté tous ces amis ayant quelques notions d’anglais. La
petite Natacha par exemple. C'est moi qui l’ai baptisé de ce prénom
incongru, par pur plaisir. Originaire du Xinjiang, la région où j’ai
commencé mon périple, elle espère ne plus y retourner. Je vous l’ai
dit, Urumqi est vue comme une ville paumée en Chine. Elle a pu venir
faire ses études de gestion à Xian et ne rêve plus que de villes à sa
hauteur. Elle espère l’eldorado Shanghai un jour ! Elle est Hui,
ce « peuple » disséminé dans tout l’Empire, qui ne se
distingue de la majorité Han que par sa religion, l’islam. Mais elle « ne
croit en rien ». Elle se contente de ne pas manger de porc, par
tradition. « On ne nous dit jamais ouvertement de ne pas « croire
en Dieu », explique-elle en versant la tête d’un beau poisson
dans notre plat à fondu dont la forme symbolise le yin et le yang. À
l’école et à la fac, on nous dit simplement « de ne pas
succomber aux superstitions ». Mais entre nous, la religion et
les croyances ne sont vraiment pas un sujet de conversation ».
Toujours très consciencieux, je
ne quitte pas la table sans avoir sorti les lamelles de mouton et de bœuf
du plat et sans m’être renseigné sur les rêves amoureux des unes et
des autres. J'ai le regret de vous dire que cette chronique ne me
laisserait pas assez de place pour les détailler. D’autant que tout
cela est complété par le travail de long terme qu’a effectué Alvin,
le bon ami confident de ces dames. Sa belle sensibilité lui amène plein
d’amies filles. Lui qui a débarqué ici il y a seulement 7 mois, a réussi
grâce à son intelligence, son humour et sa sensibilité, à devenir
quelqu'un de précieux pour beaucoup de personnes !
Je ne terminerai pas cette
chronique sans évoquer mon passage dans ce que la jeunesse chinoise
considère comme un des hauts lieux de la fiesta, un K-TV. Nous voilà
enfermés dans une petite salle avec canapé, table basse, télé grand-écran
et moniteur de contrôle. On n’a plus qu'à choisir sa chanson, et le
massacre peut commencer. Vous comprenez que le K veut dire karaoké. Ça
dure des heures et on y passe donc ses soirées ou ses week-ends. Mais ce
que j’y ai préféré, c'est le buffet à volonté compris dans le prix
d’entrée !
Si
ne trouvez que je parle trop des soldats en terre cuite du mausolée de
Qin Shihuangdi, si vous voulez vous aussi baptiser un Chinois contre
l’achat de 14,99 kilomètres (il n'est pas trop tard pour acheter des
kilomètres les amis, alors allez-y, ne vous gênez pas !), si vous
êtes seul à travailler et que ces chroniques vous font du bien ou pour
tout autre raison, vous pouvez m’écrire :
3600km.net@laposte.net

Place
centrale de Xian, la tour du tambour.

Les
fameux guerriers en terre cuite. Durant toute sa vie,
l’empereur Qin Shihuangdi a fait construire son mausolée.

Dans
la grande mosquée de Xian, les caractères arabes
peuvent faire penser à des caractères chinois…

Quelle
bonne surprise l’on a en remuant sa soupe !
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Mon
ami Alvin sur sa bicyclette électrique

Une
petite fondue en tête à tête avec Alvin

Claire
et Natacha, deux autres amies d’Alvin, pour une autre fondue

Dans
le K-TV

Et
voilà qu’une vingtaine de kilomètres après Xian, j’aperçois dans
la brume les montagnes que je dois affronter. Violent !

Heureusement,
les forces du bouddhisme veillent sur moi.

Nous
sommes dimanche et les montagnes sont remplies d’habitants de Xian,
venus ici pour se reposer.

Tout
en haut de mon premier col, après plus de trois heures de montée, les
touristes m’acclament ! Mon nouveau T-shirt évite que l’on perçoive
mes traces de transpiration.

La
vue de tout là-haut. L’air est extrêmement humide et j’ai
l’impression de pédaler dans un sauna.

Même
dans les petits villages, on adore les chiens. Les Chinois sont un peu
choqués quand je leur demande s’ils aiment aussi les manger. Certains
le font, oui (la Chine est tellement immense), mais la plupart ont la même
réaction que nous autres, les Occidentaux.

Maintenant
quand on me prend en photo, moi aussi je prends en photo. Ici dans un
petit village touristique, à trois jours de Xian.

Si
vous étiez un peu plus attentifs, vous remarqueriez que c'est une sacrée
côte qui m’attend !

La
chaîne de mon nouveau vélo a tendance à se coincer… Heureusement,
j’ai la dream-team réunie pour me filer un coup de main.

Je
ne fais plus que monter et descendre dans une ambiance de sauna… Est-ce
le nouveau vélo plus lourd, la fatigue, ce relief, ce climat… Finies
les grosses journées. Ces derniers jours je tournais autour de 75 kilomètres
par jours.

Photos
d’identité pour prolonger mon visa. On me met de fausses lunettes sans
verre et on me poudre le nez. Souriez !

Et
si on notait nous aussi les employés de la banque ou de la Poste ?
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Bénie
soit la chine (11 juillet 2006) :
Nous mangeons tranquillement nos
nouilles maisons, servies froides avec des bouts de pain de mie et du
vinaigre. Repas à 0,2 euros. En discutant avec ces deux étudiants de
Lanzhou, je m’aperçois que les trois jours de collines entre leur ville
et Tianshui (que j’ai montées avant de me faire voler ma monture à
Xian), marquent une frontière… Les deux amoureux ont en effet toutes
les peines du monde à comprendre le chinois local. Les mots sont les
mêmes, mais les tons sont différents. Ça ne change pas grand chose pour
moi. On ne me comprend guère mieux.
Quelle ne fut pas ma surprise
durant cette traversée, lorsque je vis une affiche de Jésus himself
(oui, notre Jésus !) sur le mur d’une commerçante. Celle-ci s’est
convertie au protestantisme il y a huit ans. Et tout le foyer y est
passé. Nous sommes pourtant dans un tout petit village de Chine… C'est
une amie à elle qui lui a fait découvrir cette religion.
C'est souvent à Noël que les
Chinois font leurs premiers pas dans les églises. La fête s’impose peu
à peu ici et les chinois sont nombreux à vouloir, par curiosité,
assister à une messe de Noël. Du coup, Catholiques et Protestants
mettent les plats dans les grands en espérant recruter de nouvelles
ouailles.
La jeune fille qui absorbe une
nouille en face de moi m’explique que beaucoup d’étudiants de Lanzhou
célèbrent des messes clandestines, en dehors des églises officiellement
reconnues par les autorités. Elle est elle-même protestante depuis
quelques années. Son rêve : se marier un jour à l’église. J’imagine
que le folklore de la belle robe blanche devant le curé ne doit pas y
être pour rien dans toutes ces vocations.
Les deux tourtereaux d’une
petite vingtaine d’années ne sont ensemble que depuis 40 jours. Ils
sont leurs premiers amants respectifs et espèrent bien être les
derniers ! Quand on sort avec quelqu'un, ici, c'est du
sérieux !
Si
vous envisagez un mariage bouddhiste, si vous savez faire les pâtes
maisons, si vous aimez Noël ou souhaitez accrocher une affiche de Mao
dans votre commerce, ou pour toute autre raison, vous pouvez m’écrire
à :
3600km.net@laposte.net

Première
côte pour sortir de Tianshui. La route est toute défoncée. Je découvre
par la suite que pour la seconde fois en quelques jours, je me suis
trompé de route. Un détour d’une cinquantaine de kilomètres dans les
montagnes sur une route pourrie, ce n’est pas rien !

Les
derniers kilomètres avant l’arrivée à Xian sont plats. Mais on peut
voir l’humidité ambiante ! J’ai l’impression de pédaler dans
un sauna, c’est bien dur !
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Cette
route de montagne est tantôt une piste caillouteuse, tantôt en travaux.
Le goudron pas encore séché se colle à mes pneus. Je ne risque pas de
crever ! En revanche, je reçois toute la journée des éclaboussures
de goudron, c’est insupportable.

Euh...
Je passe où moi ?

Église
protestante de Lanzhou. Au premier plan, une petite pancarte indique que
les toilettes donnent sur la salle principale !

Petite
église dans un village

Mes
deux étudiants. Protestante depuis peu, elle rêve d’un mariage dans
une église ! Peut-être avec ce jeune homme !

Je
les ais rencontrés à Tianshui, où l’on peut voir de superbes bouddhas
gravés sur une falaise.

Ce
que j’aime bien en Chine, c’est que les conventions pour poser sur les
photos ne sont pas du tout les mêmes que chez nous !

Affiche
pour encourager les Chinois à ne plus cracher (enfin, je suppose)
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L'envol
du vélo (4 juillet 2006) :
Il était attaché à un poteau.
Quelques heures plus tard, le poteau était toujours là, mais plus le vélo.
Il m’avait déjà fait
quelques envols. Les trois jours qui m’ont amené à Tianshui, capitale
du Gansu oriental, furent une traversée de collines à perte de vue,
ciselées par des cultures en terrasses. Beaucoup de côtes, mais
qu'importe, j’avais l’impression de voler sur mon tapis à deux-roues.
Je me trompe de route le second
jour. En fin d’après-midi, un homme charmant m’apprend que j’ai
tout intérêt à retourner d’où je viens, c'est-à-dire à 90 kilomètres
de là. Je m’exécute, le moral au niveau de mes pédales, ne voulant
pas m’enfoncer pour rien dans ces collines, aussi jolies soient-elles.
Deux cyclistes me confirment que Tianshui est bien dans l’autre sens,
mais deux routiers sur le bord de la route un peu plus loin, me rassurent.
Ouf, j’allais dans la bonne direction, même si j’ai fait un petit détour.
Enfin, je classe le dernier jour
dans mes annales personnelles. Je suis passé de 100/110 kilomètres
quotidiens à 140. J’espère ne plus avoir à le refaire !
D’autant que la journée fut marquée par un col matinal (5 kilomètres
et une demi-heure) et un autre au moment le plus chaud de la journée
(1h30 pour en venir à bout !). Par quel miracle, la route
allait-elle toujours plus haut, même quand objectivement, on ne pouvait
pas aller plus haut ? Je volais à nouveau, mais à la force de mes
jambes ! Lors de mon arrivée à Tianshui, le beau blond s’était
couché.
Et me voilà perplexe devant mon
poteau. Une dame m’invite à me rendre derrière un bâtiment bizarre
juste à côté. J’y trouve la bête cadenassée et entourée de condés.
Ce sont eux qui m’ont forcé mon super cadenas parce qu'il est interdit
de se garer aux poteaux de la ville. On ne doit même pas les attacher à
quelque-chose. Ils doivent nous attendre au milieu de parkings, la
roue-arrière bloquée !
Quand j’ai demandé à ces
personnes en uniforme comment ils comptaient me rembourser mon cadenas,
ils ont évoqué l’amende qu’ils allaient me faire payer. Je n’ai
pas insisté et j’ai acheté le seul cadenas du marché local. Un truc
un peu ridicule.
Mais bon, je dois dire que les
flics ont toujours été plutôt sympas avec moi jusque-là. Ils ne
m’arrêtent jamais quand je brûle des feux rouges, roule au mauvais
endroit, ni même quand je les croise au milieu d’un col quand je suis
à l’intérieur d’un virage à contre-sens… Je les quitte sans
rancune, en me disant que si tout le monde attachait son vélo à des
poteaux, il n’y aura plus de poteaux libres en Chine.
Mais
voilà qu'hier à Xian, je revis une aventure semblable. Je ne trouve pas
de parking à vélo et je l’accroche à une barrière. Cette fois,
l’envol est définitif malgré les gros efforts que me promet la police
de Xian. J'ai le cœur lourd, comme si l’on m’avait volé un bout de
moi. A côté de mon emplacement vide, un môme, une femme et un ventru
forcent un autre cadenas. Je les prend pour la « fourrière à vélo ».
Ils m’assurent ne pas avoir touché au mien, mais il s’agissait bien
de voleurs (de braves types par ailleurs !). Je m’en veux, j’en
veux à la police de m’avoir forcé mon bon cadenas, j’en veux à Xian.
Mais relevons la tête. Ce n'est qu'un vélo.

Une
des mes côtes matinales

Une
de mes côtes de l’après-midi

Une
de mes côtes du soir
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La
journée se déroule dans un environnement magique ! Canyons...

Cultures
en terrasses... Quel plaisir d’être ici !

Mon
premier tunnel. Aucun éclairage, je me retrouve vite dans un noir
complet. C’est très impressionnant de ne pas savoir du tout sur quoi
l’on roule ! Mais qu’est-ce qu’il fait bon la dedans !
J’y passerais presque mes journées !

Aujourd’hui,
pas de restau dans le village où je me pose. Je me chauffe des nouilles
chez ce charmant commercant. Il me pretera son lit pour piquer un somme.

C’est
la saison des blés... Pendant une vingtaine de kilomètres, je dois
rouler dessus ! Les voitures aussi. Cela permet aux paysans
d’aplatir leur récolte ! Ce n’est pas génial pour moi car ça
me ralentit et je manque de rentrer dans les paysans qui labourent la
route à chaque fois. Mais l’odeur est agréable !

Cérémonial
d’enterrement sur ma route. On va brûler un cheval qui aidera le défunt
dans l’autre monde. Parfois, on lui brûle aussi une voiture (en papier
bien sûr) !

Ce
que j’aime bien en chine, c’est que quand on a chaud, on peut mettre
son ventre à l’air.

Partie
de dominos dans mon hôtel du soir. Il semble en effet que le jeu soit
originaire de Chine. Mais ici, leurs parties sont plus proches du rami que
de notre jeu.

Ce
soir dans mon restau, vue sur le Panthéon
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